Chapitre I : le départ.
La
neige recouvre de son linceul blanc
immaculé, le sol de marbre de l'allée menant à la chambre de mon frère. Je restais souvent à regarder le jardin qui
nous séparait. L'eau était maintenant gelé, les carpes rouge et or avaient été
transportées ailleurs, aucun oiseau ne chantait plus. Tout ce silence me
rendait irritable, si bien que l'on m'avait confiner le mois dernier, dans mon
espace intime, trop grand pour moi, pour y passer le reste de l'hiver.
Des bruits de pas étouffés par le manteau froid me parvinrent. Mizuki
entra, ma chère Mizuki, mon seul lien avec l'extérieur. Elle mis un genou à
terre et joignit ses mains, comme le faisait tout les Kuroshiro face à un de
leur maître, de leur supérieur. Elle avait laissé la porte ouverte et toute la
chaleur de la pièce s'enfuit.
- Tu
aurais pu fermer la porte en entrant, pauvre écervelée.
Elle se leva, ferma comme il faut le panneau de bois d'if richement décorée
et se remis dans sa position initial. Je soupirais, exaspérée, mais néanmoins
contente d'avoir quelqu'un avec qui parler.
-
Donne-moi la lettre de mon frère et va demander à ce que mon dîner soit servis.
Elle s'exécuta, non sans me laisser voir le léger sourire qu'elle avait
en coin, et elle sortit. En passant près de l'âtre, je jetais par la force de
mon esprit, une nouvelle bûche à brûler. Je m'installais à mon secrétaire et
lu, déchiffra cette sublime écriture dont mon frère était doué. La mienne était
plutôt brouillon, du fait que je n'ai jamais pris le temps d'écrire, ma plume
passait toujours très vite sur le papier.
Je
lu à haute voix :
-
"Je comprends que tu t'ennuis, mais si tu savais te contrôler, ce ne
serait pas arrivé. Néanmoins, évites de t'échapper. Ce serait bête que tu meurs
de froid, ma chère sœur. J'ai joint à cette missive, quelques partitions. Les
jouer comblera peut-être ton ennuie.
Je
brûlais la lettre et regardais le reste. Je n'étais pas douée pour la musique,
je ne savais pas jouer d'un instrument, et donc, la seule chose à ma
disposition était ma voix. Si bien, que je fredonnais cette suite de notes, et
je créais bientôt des paroles. Je me mis à les chanter, le tout en une
demi-heure.
Quand on m'apporta mon repas, je n'avais plus faim, mais mangeais quand
même pour ne pas avoir à me réveiller la nuit. Mizuki restait agenouillée, sans
bouger, respirant à peine. Elle était très douée pour faire oublier sa
présence, caractéristique important pour un serviteur Kuroshiro.
Lorsque j'eut finit, je me remis à chanter, au moment où un oisillon à
moitié mort de froid et de faim, venait quémander quelque chose à manger en
tapant de son bec contre la vitre. Je le pris dans mes mains, l'installais près
de la cheminée et lui donnais quelques grains de maïs. Mizuki débarrassa le
plateau et apporta le thé. Ce breuvage me réchauffait, mais la tristesse, dû à
mon isolement, et ma colère contre ceux qui m'avait enfermée me refroidit
aussitôt. Je devais sûrement laisser voir des tremblements, car Mizuki ranima
le feu et m'apporta une couverture chaude. Ses gestes, doux et lents, étaient
pour moi rassurant et très surprenant pour un membre des Kuroshiro.
Elle s'arrêta brusquement, prit un air sérieux et s'assit à côté de moi,
en regardant le feu. Elle parla lentement, détachant chaque mots les uns des
autres.
-
Vous aller devoir aller voir le chef de famille demain, Dame Tsukihime. Il veut
vous entretenir d'une demande qu'il lui a été faite aujourd'hui par un noble de
la région.
- Quelles
en sont les grandes lignes ?
Je
commençais à avoir un peu peur. La dernière fois que j'avais vu le chef de
famille, c'était pour une affaire de mariage. J'avais été tellement détestable,
que mon prétendant m'avais rejetée. J'étais contente, mais ça m'avais tout de
même valu des coups de chaîne.
- Une histoire de meurtre me semble-t-il.
Votre frère devrait aussi vous accompagner pour cette mission qui vous sera
probablement confiée.
Cette nouvelle m'enchantais que si on
m'avais annoncé la mort de mes parents.
Cela me permettait de sortir et de retrouver mon frère. Tout ce que je
voulais. Néanmoins, la perspective de revoir le chef de la famille m'effrayais.
Je craignais qu'il me garde rancune de notre dernière rencontre qui s'était
passée de manière assez violente.
Mizuki se leva. Elle allait partir quand je
ne pu m'empêcher de lui poser cette question.
- Depuis quand es-tu un chien de Sasori ?
Elle se retourna, plus que surprise. Je la
comprenais très bien. Elle avait toujours été d'une fidélité à tout épreuve,
mais le simple fait qu'elle vienne me parler d'une mission que Sasori voulait
me confier faisait rejaillir en surface mes doutes.
Elle me répondit d'une voix neutre :
- Même si je suis principalement à votre
service, dame Tsukihime, j'appartiens aux Kuroshiro, et donc à Sire Sasori.
Je m'aimais pas sa réponse. Je m'attendais
à plus de fidélité venant d'elle. Elle venait d'anéantir par quelque mot mon
sentiment d'avoir une alliée proche. Mais en fin de compte, il n'y avait que mon
frère à mes côté, pour le reste, j'étais seule. Cela expliquait bien le vide de
mon cœur. Comment savoir ce qu'est un véritable sentiment lorsque l'on est seul
? Ce que je ressentais pour mon frère n'était rien d'autre qu'un artifice des
liens du sang. Les rares chose en rapport au sentimentale que j'avais comprise
était la haine et le respect, deux valeurs importante chez les Kuroshiro.
Ma rancœur devait transparaître sur mon
visage ou mes gestes, car Mizuki tressaillit et bégaya des excuse inaudibles
avant de sortir précipitamment de la chambre comme prise de nausées, la main
sur la bouche, l'autre sur l'estomac.
Je me tournais vers l'oisillon : il s'était
endormit, au chaud près du feu. Le silence tomba alors comme une pierre
tombale. Toute la demeure de tue d'un coup, je n'entendais que quelques chats,
chiens et chevaux qui bougeaient légèrement. Le reste des on n'appartenait qu'à
des objet, des chose inorganique : le feu, le ruisseau, le vent. Et je ne
trouvais pas le sommeil dans toute cette cacophonie naturelle. A bien y réfléchir,
c'était sans doute le stress qui m'avait envahis. Tuer quelqu'un ne me
dérangeait pas, c'était devenue une habitude. Mais je trouvait cette tâche trop
banal pour que l'on fasse appel à mon frère en plus de moi. Et puis, j'avais
aussi aperçu dans la voix de Mizuki le mensonge, et ses jolie yeux mauves
s'étaient assombris. En bref, je doutais de la raison pour laquelle on me
confiait cette mission.
Je restais donc toute la nuit éveillée, à
étudier, lire et écrire. Lorsque je jetais un coup d'œil de l'autre côté du
jardin, je pu voir à travers les légère ouverture des panneaux de bois une
faible lumière, devant appartenir à une bougie. Mon jumeau ne dormait pas non
plus.
Je matin commençait à pointé, un coq chanta
dans la campagne, puis un autre un peu plus près, puis un autre avant que ce ne
soit celui du château. Alors, toute la vie repris. Les servantes commencèrent à
se lever pour préparer le petit déjeuné, auquel je ne touchais pas. D'autres
remettaient des bûches dans les cheminées, ranimaient les foyers. Une heure
plus tard, les maîtres s'éveillèrent à leur tour. La vie reprit alors son
cours, à l'écart du monde.
Vers onze heures du matin, on me demanda de
sortir : Sasori était enfin disposé à me voir. Mizuki m'habilla d'un long
kimono impérial sombre, noir et brodé de phénix orange. Je refusais qu'elle me
coiffe d'une quelconque manière. J'aimais mes cheveux argenté, le reflet qu'il
avaient lorsque rien ne les entravait. Après tout, ils étaient fins je
préférais les laisser voler à leur gré.
Quand on me conduisit à travers les
couloirs, je ne reconnu rien. Des travaux avaient été effectués durant l'hiver.
L'endroit sentait le neuf. Je savais aussi pourquoi on avait refait ce boyau.
On ne voyait plus aucune trace de mon dernier passage. Il faut dire que les mur
avaient été joliment tachés de rouge.
Je regardais les peinture et les sculptures. Elles étaient tellement
belles. Il m'était difficile de croire que des gens comme nous puissent être
capable de telle merveilles artistiques. Et pourtant, j'étais bien placée pour savoir
que jamais les Kuroshiro n'irait acheter une œuvre à un autre artiste. Cela
serait comme dire clairement à notre clan "Regardez, dehors il y a des
gens meilleurs que vous !" Une insulte en d'autres mots.
Nous nous arrêtâmes devant le bureau de
Sasori. Les portes s'ouvrirent alors soudainement et violemment. J'entrais et
m'agenouillais comme il convenait. Mizuki fut renvoyer et il me laissa attendre
un moment dans cette position inconfortable. Sasori m'ordonna alors de me lever
et j'en profitais pour l'examiner brièvement. Ses cheveux et ses yeux noirs
n'avaient pas changer : aussi brillant qu'avant et respirant la jeunesse malgré
ses soixante ans passés. Il n'avait pas une rides, pas un cheveux blanc, et son
regard était toujours aussi vif. D'après ce que l'on m'avais dit, les
descendant des chef de famille ne vieillissent pas ou peu. Ils ont une
longévité extraordinaire. Quant à son allure et son charisme, il n'en avait
rien perdu. L'hiver ne l'avait en rien affaiblit malgré mes espoirs et je
comprenais pourquoi tant de monde le respectait. Comment s'opposer à lui alors
que d'une simple petite pression il pouvait faire flancher même les plus grand
seigneurs ? Et pourtant, il n'arrivait à me paraître invincible. Je savais
qu'il avait une faille et qu'un jour je la découvrirai. Quelque chose en moi me
disait depuis toujours que je n'étais pas née pour n'être qu'un simple
instrument de tuerie. J'avais plus de pouvoir que la plupart des gens, plus de
capacité, et une intelligence qui les surpassait. Alors pourquoi avoir tout ces
dons si c'est pour être un chien à la solde d'un maître inférieur ?
Je m'aperçu que mon frère était déjà
présent : beau, majestueux et grand dans sa posture. Des cheveux argentés et
des yeux mauves, comme les miens. Nous avions bien la même façon de penser. Et
je sentais, caché quelque part dans la pièce derrière un rideau, mon cousin qui
nous observait.
La voix de Sasori s'éleva faussement
amicale :
- Ma chère Tsukihime. Ne t'es-tu pas ennuyé
durant cet interminable hiver ?
- Je vous remercie de vous soucier de moi
Sire. Mais venons en au fait, voulez-vous ?
- Je te reconnais bien là. Alors n'y allons
pas par quatre chemins. Si je vous ai appelé aujourd'hui, c'est pour vous
confié de une mission que nous a demander un vieil ami de la famille.
"Un vieille ami de la famille" ?
Déjà, ça partait mal. Les seuls vieux amis que notre famille possédait n'était
que des nobles corrompu. Je doutais de plus en plus de l'intérêt de la mission.
- Il s'agit d'une affaire de meurtre, ce qui
bien sûr est dans vos cordes. Si j'ai pensé à vous, c'est pour vous donner
l'occasion de vous divertir. J'ai été assez sévère ces derniers mois, vous
n'avez pas pu vous voir. De plus, vous former une de nos meilleurs équipes. Et
il faut des gens capable de se faire très discrets au dehors. Vous êtes les
meilleurs dans ce domaine.
Il marqua une pose. Il y avait d'autre
raison que celle qui avait énoncé. Et elles étaient sans doute plus sombres,
moins bienveillantes.
- Bien venons-en à l'objet. Vous devez
assassiner l'héritier des Sakurama. Il a trahit un de ses allier, qui se trouve
être notre commanditaire. Cette tâche vous ai toute désignée. J'espère que vous
comprenez et que vous acceptez, Tsukihime, Kazuki.
COmment aurions-nous pu refuser ? Après un
rapide échange de regard avec mon frère, nous répondîmes d'une même voix neutre
:
- Bien évidemment Sire.
J'avais l'impression d'une humiliation,
mais je gardais ma rancœur en moi. Après tout, je pouvais toujours tirer
avantage de cette situation. Je me savais suffisamment maligne pour me sortir
des pires situation, et j'avais surtout une confiance en mes capacités inébranlables.
- Bien, vous partirez ce soir-même, des
servante préparent déjà vos affaires. Il sera ajouté à votre paquetage une
carte, de l'argent et bien sûr vos armes.
Nous nous inclinâmes, mon frère et moi,
puis sortîmes. J'enrageais, je sentais mon sang brûler dans mes veines. Kazuki me
prit par les épaules, posant sa tête son moi. Le contact de mon double suffit à
me calmer, et ma fureur laissa place à l'hésitation. Je ne savais pas quoi
dire, pas quoi faire. Le silence me paraissait alors plus approprié. Et
surtout, discuter ici, au milieu de toutes ces oreilles indiscrètes n'était pas
du meilleurs goût.
D'un commun accord silencieux nous allâmes
dans ma chambre où le silence se prolongeât. Mais cette fois-ci, il était gênant,
il n'était pas naturel et il se fit de plus en plus pesant, jusqu'à ce que mon
frère le brise maladroitement.
- J'ai eut peur que tu te suicide.
Je relevais la tête doucement. SI j'avais
su que ce serait là ses premières paroles à mon égard depuis des mois, je
l'aurais bâillonné immédiatement et enfermer dans le placard. Au lieu de ça, je
m'approchait. Il était assit par terre et je m'étendis, posant ma tête sur ses
jambes avec un sourire non feint. Sa réflexion était certes un peu vexante,
pour qui me prenait-il ? Une faible jeune fille ? Mais en même temps, il
l'avait dit sur ce ton étrange qui fait qu'on ne sait jamais s'il est ironique
ou non. Et puis un léger rire s'échappa de ma gorge. Je n'avais pas l'habitude
de rire, ce n'était pas quelque chose de naturel. Chez les Kuroshiro, les rires
sincères sont rares, aussi, le mien me faisait-il mal. Kazuki quand à lui
semblait également heureux, avec son expression calme, sereine et surtout
charmeuse, passant ses long doigts blancs dans mes cheveux d'argent. De cette
manière, il avait toujours réussit à calmer mes colères, mes désespoirs et tout
ces sentiments négatifs qui bouffent le cœur et le font pourrir de l'intérieur.
Je ne pouvais pas m'énerver réellement contre lui, je l'aimais autant que je le
haïssais.
-Nous allons pouvoir passer beaucoup de
temps ensemble maintenant, lâcha-t-il brusquement. Tu m'as manqué petite sœur.
Il m'embrassa sur le front. Lui aussi
m'avait manqué, je ne m'étais jamais sentit aussi seule.
Un corbeau croassa et s'envola dans un
bruissement d'aile. Et de nouveau, le silence nous prit en traître. J'étais
bien, je ne pensais à rien, même notre mission m'étais sortit de la tête. Les
servantes qui venaient et partaient n'existaient plus à mes yeux, seul mon
frère était là, immobile, fixant de ses prunelles mauves les flammes qui dansaient
comme des milliers de petits diables. La chaleur me rendait somnolente, je
m'engourdissais petit à petit.
Le temps passa ainsi sans que je m'en rende
compte. Je ne sortit de ma torpeur que lorsque, la nuit s'approchant, des
servantes nous apportèrent à manger ainsi que nos affaire pour partir : cartes,
capsule de poison dans le cas peu probable d'une capteur suivit d'une torture,
mes deux éventails et le sabres de Kazuki. Notre armement était renforcé par
des aiguilles, deux poignard, une dague pour mon frère ainsi que des kunais et
shuriken, armes de substituions qui m'était destinées. L'argent que l'on nous
donna dans une bourse de cuir me paraissait dérisoire en comparaison de notre
voyage, mais en examinant la carte, j'en comprit la raison. Cette dernière nous
indiquait très clairement les endroits dans les villes où nous pourrions nous
reposer et nous restaurer. Je remarquais que tous les établissements étaient en
réalité des branches inférieures de la famille Kuroshiro, ou bien des
propriétés de grandes familles souvent demandeuses de nos services et qui, avec
le temps, étaient devenues de précieux alliés. Sasori n'avait pas l'intention
de nous laisser vagabonder à notre gré. Il avait clairement indiqué ces
endroits sur la carte pour que nous y passions et si nous manquions à l'appel,
sans doute enverrait-il des tueurs ou des chasseurs à notre recherche et avoir
toute la vermine de notre famille sur le dos me donnait mal au cœur.
Et ce fut le moment de partir.


Commentaires
nabubulle le 28/02/2009 à 20:09:50Pas mal =) tu kiffe les jumeaux toi hein^^
Akuma-hime Cursedblood le 28/02/2009 à 20:28:34
J'ai toujours voulu en avoir un en même temps. Et puis, ça crée un lien particulier entre les personnages