Astaroth & Sinel

   Dans un passé lointain, Ankoku et Hikaru vivait dans un équilibre des plus parfait. S'étant mêlé, les deux royaumes n'avaient pas de limite et chacun des habitants avait des voisins venant des deux patries. Sinel, futur impératrice d'Hikari, et Astaroth futur empereur d'Ankoku avaient élu domicile dans la même ville Taihei, la ville de la paix, et les familles royales songeaient depuis peu à marier ces deux héritiers. Ceux-ci ne s'en doutaient pas, et au fil des années passées ensemble, il se tissa entre eux, un lien étrange, particulier, qui leur interdisait de s'aimer, mais aussi d'aimer une autre personne.
 
   Malheureusement, seul Astaroth, plus âgé et observateur, s'aperçu de ce problème. Ne voulant créer aucun conflit, il décida de prendre ses distances avec Sinel. Il faisait tout pour ne pas la voir trop souvent, juste le temps nécessaire pour ne pas froisser l'entente entre leur peuple, expédiant toute sortes d'excuses plus ou moins plausible.

   Les années passèrent alors moins vite pour les deux héritiers, et ils eurent tout le loisir de voir au travers le voile qui leur couvrait les yeux. Cette "merveilleuse" paix, soi-disante paix. Ce n'était pas grand chose. Même s'il n'y avait pas de guerre ouverte, on ne pouvait pas considérer l'ambiance comme paisible. Les gens s'enfermaient à double tour chez eux, ils rajoutaient des cadenas et des protections magiques plus ou moins efficaces. Les plus riches engageaient des chamans, ou plutôt les menaçaient pour qu'ils les servent. Le trafique d'armes, drogues et autre stupéfiants et substances dangereuses ne s'était pas arrêter et chacune des familles impériales considéraient l'autre comme le responsable de cet échec.

  Prenant alors conscience de leur rôles, Astaroth et Sinel signèrent d'un commun accord un contrat de fiançailles. Le mariage devait avoir lieu des mois après.

   Durant cette période, Astaroth continuait à éviter sa fiancée, et réussissait à le lui cacher. L'été succédait au printemps et ainsi de suite. Après des mois de vie commune, Sinel se retrouva en ceinte. La joie était mélée à l'angoisse car cette enfant allait enfin pouvoir rallié les peuples. D'un autre côté, ils espéraient que ce ne serait qu'un enfant, pas des jumeaux, et surtout un garçon. Mais connaissant les antécédents de la mère, qui avait elle-même une sœur jumelle, les doutes commençaient à se poser.

   Et puis un soir, elle décida d'en parler à Astaroth.

 « Ca ne peut pas durer. Je n'en peux plus. Si ce sont des jumelles ils ont prévus de les éliminer.

  - Oui, mais si ce ne sont pas des jumelles, tout ira bien. Il n'y a pas de soucit à se faire. C'est très rare les jumeaux. »

   Astaroth essayait tant bien que mal de la rassurer, mais lui aussi était taillader à l'idée de voir ses filles se faire tuer avant d'avoir connu le monde.

 « Le problème, reprit Sinel, c'est que je suis sur qu'il s'agit de deux filles. Regarde, mon ventre est plus gros qu'il ne devrait l'être, ça prouve bien que ce sont des jumeaux. Et les bébés sont calmes, ils ne bougeant pas. On m'a toujours dit que les garçon donnaient des coups, je n'en ai pas ressentit beaucoup, uniquement lorsqu'elles se tournent. »

   Ne sachant que répondre, il s'assit sur le lit, la tête entre ses main. Il y avait un moyen de savoir. Mais ce n'était pas conseillé. Il ne pouvait aller voir cette sorcière. Dieu seul sait ce qu'elle demanderait en retour.

 « La sorcière. »

   Ses deux mots provenaient de Sinel. Apparemment elle aussi avait réfléchit et était arrivée à cette même conclusion. Alors il se leva et la prit par la main, l'emmenant au travers des ruelles sombres et calmes en cette nuit d'automne particulièrement froide.

   Au sortir de la ville, ils entendaient encore les dernières rumeurs en provenance de la grande place. Il traversèrent dans un silence de mort la forêt aux hauts arbres nus, avec le crissement de la neige sous leur pas comme seul compagnon de voyage. On pouvait percevoir le bruit de la cascade gelée en surface, qui déferlait sa colère contre son semblable de glace qui l'empêchait de s'exprimer pleinement.

   Un grotte se dessina alors devant eux. Après un temps d'arrêt à remettre de l'ordre dans leurs esprit, Astaroth et Sinel pénétrèrent dans l'antre de la sorcière. Celle-ci les attendait, plantée devant une porte de bois lourd, droite comme un piquet. Elle les salua et les invita à s'installer dans une espèce de fauteuil qui s'avérait être de la roche recouverte de mousse. Elle revint un peu après, un plateau à la main sur lequel était disposé trois petites tasses en porcelaine fine, et un tellière assortit où infusait un thé au jasmin.

 « Vous venez me voir pour ces enfants. »affirma-elle en montrant de son doigt pâle, presque translucide le ventre de la futur impératrice.

   Tous deux baissèrent la tête, signe de leur affirmation. « Ne regardez jamais la sorcière dans les yeux, et allez la voir le moins souvent, c'est tout ce que je peux vous conseillez » avait dit le prêtre.

 « Bien, voyons ça tout de suite »

   Elle s'approcha de la mère, et posa une main glaciale sur son ventre. Les yeux fermés, elle passait et repassait sa main dessus comme si elle scannait les fœtus. Elle se releva et regarda tristement les parents.

 « J'aurais bien voulu vous annoncer une bonne nouvelle, mais il s'agit de deux filles. En pleine santé certes, mais bon. »

   Astaroth enlaça sa fiancée qui essayait tant bien que mal de retenir ses larmes. Et le temps passa. Dix minutes devinrent vingt minutes, puis trente, puis une heure. Au bout d'une heure et demi de silence respecté pieusement par la vieille femme, le futur empereur s'adressa à elle.

 « Qu'est-ce que nous vous devons ?

  - Je me fait vieille et je vais bientôt mourir. Ne recevant plus beaucoup de visite, je ne peux pas prendre suffisamment d'énergie aux autres. Je demande la vie d'une de vos filles. Ou alors, toutes leurs qualités. Cela me suffira pour vivre quelques années de plus »

   Effarée, Sinel se leva d'un coup, couru vers la sortit et disparut dans la nuit. Fou de rage, Astaroth se tourna vers la sorcière, d'un air menaçant que peu lui connaissait.

 « Comment avez-vous osé demander une telle chose ? »

   Mais la vieille femme, nullement impressionnée, répliqua d'un ton calme :

 « Il faut bien que je sois payée. Rien n'est gratuit dans ce monde, ce n'est pas à vous que je vais l'apprendre. Prédire la venue d'un garçon où d'une fille, une naissance en d'autre terme, me demande beaucoup plus d'énergie que de prédire la mort de quelqu'un. Le prix est donc plus élevé. Dans votre cas, il s'agissait de jumelle. Je trouve que ce que j'ai demandé était correcte. »

   Sans ajouter un mot, Astaroth reprit le chemin vers Taihei, mais préféra errer dans les rues un moment, au lieu de retourner tout de suite au palais. Sans doute retardait-il la découverte de ce qu'il craignait. Connaissant Sinel, elle ne pouvait faire qu'une chose. Et en arrivant au château, ses craintes furent fonder. Pas de Sinel. Nulle part. Ni dans la chambre, le jardin d'hiver, les cuisines, la grande salle. Rien. Il trouva sur le li à baldaquin une lettre à la fine écriture bien droite.

         Mon cher, cher Astaroth,
   Je ne peux pas rester ici. Je ne veux pas qu'elles meurent et encore moins que la malédiction de cette ville sorcière fasse effet. J'ai entendu dire que ses pouvoirs n'avaient plus de porté hors des frontières. Je pars donc dans d'autres contrés. Pardon de te laisser, seul avec tes responsabilités. Je ne sais pas si je reviendrai, il y a peu de chance. Sache simplement que je t'ai toujours adoré. Pas aimé, adoré. Malgré le fait que tu m'évites.
Bien, je te laisse et cette courte lettre est la dernière chose que tu aura de moi.
        Adieu mon adorée.
Sinel

   Achevant sa lecture, il sortit une boîte sertis de pierres rouges, grenats et rubis et mis la lettre dedant, comme un souvenir éternel.

   Par la suite, Astaroth décida de partir, loin de ce pays de malheur, avec comme bagage des habits de voyage, une épée et de quoi se défendre, ainsi que la petite boîte contenant le dernier souvenir de Sinel. Mais il ne retrouve pas sa fiancée et encore moins ses deux filles.

   Du moins, pour le moment…


Article ajouté le 2009-10-03 , consulté 9 fois

Commentaires



Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " Divers "

Imprimer cet article

Retour aux articles


Recommander ce blog | Contacter l'auteur | Reporter un abus | S'abonner au blog Flux RSS du blog | Espace de gestion

Créer un blog gratuit avec Blog4ever