Vampire/démon
Dans un passé plus ou moins lointain
suivant l’échelle de temps que nous choisissons, une petite fille aux long
cheveux châtain clair marchait tranquillement dans une petite rue en pleine
nuit. Les étoiles s’instillaient fort bien, et à ses yeux d’enfant peu
ordinaire, elles étaient semblables à des diamants cousus sur un tissu noir qui
recouvrirait le monde. Les bruits caractéristiques des quartiers mal famés de
Paris s’évaporaient sur son passage laissant planer un silence de mort.
Quelques mètres plus loin, comme prise
d’une soudaine fatigue, notre enfant dû s’arrêter, s’effondrant presque sur le
sol boueux. Un pauvre malheureux décida alors de l’aider, non par bonté de cœur.
Les vêtements de la petite fille étaient riches, élégants, tout comme elle
l’était elle. En la sauvant de cette endroit miteux, sans doute espérait-il une
récompense, de quoi acheter un quelconque alcool ou une entrée au Moulin-Rouge
ou dans une maison close.
« Vous allez bien jeune
damoiselle ?
- J’ai froid, prenez-moi dans vos
bras »
L’esprit de l’homme ne cessait de le mettre
en garde contre cette jeune personne. Mais il refoula cette pensé au plus
profond de son âme. Bien entendu, nous savons tous qu’il aurait mieux fait de
déguerpir à toute vitesse, d’autant plus qu’une noble jeune fille de court pas.
En moins de temps qu’il n’en faut pour le
dire, le pauvre bougre s’effondra mort sur le sol, deux petits trous au niveau
de sa carotide dont s’écoulait du sang.
« Michaella, toujours aussi bonne
comédienne. »
Un garçon de l’age du vampire s’approcha
lentement d’elle. Il ressemblait en tout point à un démon avec ses yeux et ses
cheveux rouges, sa peau si claire et ses habits étranges. Il émanait de lui une
forte odeur de souffre à laquelle se mêlait celle du caramel. Un étrange
mélange qui rendait la scène encore plus improbable pour un quelconque mortel.
« Tu ramènes les Enfers avec toi
Michael ?
- Mi-chan, Mi-chan, tu sais bien que partout
où va un démon, l’Enfer le suit comme son ombre. »
Ils se rapprochèrent l’un de l’autre. La
taille de Michaella ne lui permettait pas de tenir tête à Michael, mais sa
force de caractère la mettait au même niveau que le garçon. Tous deux se
toisaient du regard, sans ciller, jusqu’à ce que l’un d’eux craque. Les gens
circulaient autour sans leur prêter la moindre intention. Et leur esprit
occultait tout ce qu’il y avait autour d’eux. Il n’y qu’eux deux, uniquement
eux, le sol, les gens, la lumière, les Enfer...tout avait disparu les laissant
dans le vide le plus totale.
Et puis le contact se rompit quelques
instant plus tard, sous le sourire machiavélique du démon aux cheveux rouges.
« Alors comme ça, tu laisses ton Prince
tout seul. Tu n’imagines pas quels dangers il peut courir. Il s’agit de l’homme
qui t’as arrachée à ta famille. Et tu en as fait un vampire. Je te croyais plus
intelligente, moins émotive.
- Je suis vampire, pas démon. Il y a une
différence entre nous.
- Elle est bien petite, cette différence.
Nés le même jour, de la même manière, au même endroit si l’on superpose Terre
et Enfer. Nous sommes liés comme des jumeaux.
- Et crois bien que ça ne m’enchante pas.
- Tu me fait de la peine Mi-chan. »
Michaella soupira. Ce démon avait le don de
l’exaspérer en jouant l’enfant délaissé par celle qu’il aimait le plus au
monde. Ce n’est pas qu’elle ne l’aimait pas, juste qu’elle ne pouvait pas le
voir. Dommage que Michael ai un aussi fort esprit de contradiction. Elle avait
beau lui dire qu’elle ne voulait pas le voir, il faisait la sourde oreille.
« Si tu es là, ce n’est pour n’importe
quelle raison.
- En effet. On ne se reverra plus pendant un
petit moment. Mais quand on se reverra, ce sera sous le même toit. »
Sur ces mot, Michael disparu, engloutit par
le sol, laissant une petite Princesse en proie à de bien étranges interrogations.
Sous le même toit ? Fallait pas rêver non plus.
Elle retourna auprès de son Prince endormit
depuis fort longtemps, et refusant de se réveiller, et elle commença à lui
parler, sans faire attention à la poussière et la saleté qui s’était accumulée
dans la maison après tant d’années sans avoir vu un balais.


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