Reste avec moi
C’est là, oui ici que tout s’est arrêté. Je
m’en souviens. J’ai encore mal là où ses dent se sont plantés. Et pourtant ça
n’aurait rien dû me faire. Comme pour lui qui n’a ressentit qu’une espèce de
plaisir, pour moi ça n’a été que de la souffrance durant des heures.
Maintenant que je l’ai rencontré et que
j’ai quelqu’un sur qui veiller, je ne fais plus de cauchemar. Je ne rêve que du
moment où il se réveillera. Lui qui m’a apporté une raison de vivre, qui m’a
montré que ma condition d’éternel n’était pas forcément une malédiction. Ce
vampire que j’ai hâte de voir en action dans toute sa grandeur et toute sa
beauté. Je crains juste qu’il ne devienne trop vite trop fort. Je veux le
garder auprès de moi. Le simple fait d’admirer son visage si sévère, si froid,
comme taillé dans un bloc de marbre, me donne envie de le toucher, de caresser
ses cheveux, de me coucher à ses côtés.
Mais à chaque fois, je me détourne. Et je
pars me nourir. Les nuits sont devenues aussi claires que le jour. Je peux voir
les belles couleurs de la mer au cinéma, le magnifique bleu du ciel avec ses
somptueux nuages blancs qui circulent, au même endroit.
C’est Noël. La ville est illuminée par
milles étoiles accrochées aux lampadaires. J’ai l’impression d’être comme les
enfants de cette époque, émerveillés par tant de beauté, n’en croyant pas leur
yeux. Pourtant, de la beauté j’en ai auprès de moi. Wing. Mais sa beauté est
inaccessible. Alors que là, il me suffit de tendre la main pour la toucher.
J’ai essayé de faire un sapin avec de
vielles décorations. J’ai eut beaucoup de mal à le commencer, mais une fois
lancé, rien ne pouvait plus m’arrêter. Au lieu de l’étoile au sommet, j’y ai
placé une paire d’aile blanches. Et je trouve que j’ai le sens de l’harmonie.
Je suis contente. Il n’est ni trop lumineux, ni pas assez. J’ai arrangé les
ampoules et les branches de façon à jouer avec la lumière, et l’ombre des ailes
sur le mur, me fait sans cesse penser qu’un ange veille sur nous.
Peut-être celui de la mort. Depuis quelque
temps, je me sens suivit. Cette personne ne respire pas ou à peine, ses
mouvements sont rapides et silencieux. J’ai songé à Michael au début, mais il
n’est pas aussi furtif et invisible, et il ne manquerait pas d’aussi belles
occasions de me faire peur. Je pense à un vampire d’une catégorie plus haute
que la mienne. Plus fort. Plus impitoyable et mesquin. Je suis épuisée
d’essayer de le semer. Mais étrangement, quand je commence à accélérer le pas,
il s’en va. Est-il
paresseux ? Cherche-t-il une proie facile ?
Une fois rentré, je me pose contre un mur
et je regarde le beau tableau de couleur rouge représentant une jolie fille de
11 ans. Je sais avec quoi il a été fait. Son odeur emplit toute la pièce, toute
la maison. Du sang. Que n’aurais-je pas donner pour qu’un homme peigne mon
portrait avec son propre sang. Donner de sa vie pour moi. Pour un caprice. Et
mon regard se tourne vers Wing, avant que je me pose une question. Ca tableau
est vieux. Mais le rouge est toujours aussi vif. Pourquoi n’a-t-il pas tourné
au marron ? Je n’ai pas trouvé la réponse.
Et ce soir je ne sens aucune présence
derrière moi. Rien. Je m’attarde un peu pour profiter de l’air froid de
l’hiver. Juste dix minutes. Mais elles se transforment en une heure. Les
cloches de la cathédrale me ramènent à moi. Et je rentre.
En arrivant, je sens que quelque chose à
changé. Je fait le tour de la pièce, avant de me précipiter vers l’endroit où
repose mon amour. Il est toujours là. Il ne s’est pas réveillé. Il ne m’a pas
laissé. Mais alors quoi ?
Ma tête tourne alors doucement vers la
fenêtre. Elle est ouverte et un homme au visage gracieux est assis sur la
vieille rambarde de mille huit cents. Il a des jolies cheveux noirs mi-long
et...il tient quelque chose de carré sous le bras.
Mais c’est l’odeur qui a changé ! La
toile ! Elle n’est plus a sa place ! L’inconnu me sourit, révélant de
belles et longues canines. Il bascule en arrière et disparaît dans la nuit.


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