Chapitre V
Chapitre
V POV Merry
Je suis étonnée de voir que ma course ne m’a
même pas essoufflé. Me voilà devant Mystel aussi fraiche que si je venais de
prendre une douche... impression accentué par mes cheveux en bataille sans
doute.
Nous passons par
des salle étranges, vraiment étranges, presque irréelles...voir inutiles. Je
crois que des gens haut perchés nous observent en silence. De plus, je commence
à retrouver la même énergie que j’avais avant ce jour, ainsi que la haine, la
colère et la tristesse ressentit sur le moment. Je chasse vite cette image
sanglante de ma mémoire, préférant l’enfermer dans les dédales de mon esprit.
Mystel s’est
éloigné de moi. Mon allure a du ralentir. J’accélère pour le rattraper jusqu’à
ce que j’entende un hurlement en arrivant presque à sa hauteur. Je me tourne
instinctivement vers son origine. Je la connais, cette voix, mais je ne sens
aucune frayeur, ni crainte, seulement de la curiosité quand au pourquoi du
comment de la chose.
- Vous l’avez
reconnu ?
- Difficile de
l’oublier.
Ma voix est
étrangement calme, et m’étonne moi-même. Je ne pensais être capable de cacher
mes sentiments à ce point.
- Je vais vous
emmener le voir.
- Pouvez-vous
oubliez le vouvoiement ? Je ferrai de même.
- C’est toi qui
vois ^^
Je souris
doucement. Je ne le connais que depuis quelques heures mais j’aime beaucoup
Mystel. Tout en lui me fascine. Ses cheveux de paille, ses yeux bleu nuit
tirant sur le noirs, sa peau mat à l’aspect si doux, son corps parfait, sans
défaut apparant. Il parait dure mais sympathique si on est de son côté. Chose
bonne à retenir pour la suite.
On entre dans une
salle obscure et je vois en face de moi l’homme qui m’a agressé. Il m’observe
attentivement puis la rose bleue dans mes cheveux. Je la cache sans y penser.
- Excuse-toi !
lui ordonne Mystel.
L’homme se met à
genoux.
- Je m’appelle
Will. Vous devez m’écouter.
- Insolent !
siffla mon hôte. Pardonne lui. Je peux le tuer ou l’obliger si tu le souhaites,
continua-t-il avec un ton doucereux à mon attention.
- Non, laisse-le
parler.
- Votre fleur...
Des souvenir
refont surface. Une tour, des escaliers, une bague avec une rose au centre
entourée de deux lys...une peau, lisse et pure comme la blancheur de la neige
ou alors, celle des lys justement. Ce ne sont que des brides, de rapides flash
qui retournent bien vite au néant, que j’oublie une fois qu’ils sont passés.
- Eh bien ?
- Vous savez ce que
veux dire une rose ?
Silence.
- Tous les siècles
une rose bleue apparait. Une personne, une seule, bien particulière, souvent un
enfant de sexe féminin la trouve et se voit alors devenir la ou, plus rarement,
le protégé d’un être surnaturel en échange d’un peu de sang. Dite-moi, quelle
dose lui avez-vous donné à celui-là ?
Une rage s’empare
de moi, mon sang ne fait qu’un tour. Je m’approche et le gifle. Je prends
plaisir à ce geste. Vengeance est le mot crié dans mon esprit. Destruction,
celui de mon corps. Ses mots étaient sournois et pervers. Il connaissait la réponse, m’ayant sans doute observé. Mais la peine reprend ses droits et mon
regard devient mélancolique. Je me sens sombrer dans les méandre de mon âme,
cherchant au fond de moi une issue de secours, sans doute dérobée à jamais. Je
ne peux pas fuir ma tristesse, ma haine, ma colère. Plus maintenant. Cet homme
a fait ressurgir des souvenir en moi, et tous les sentiments qui vont avec.
Des mot aux apparences innocentes, auquel personne ne donnerait fois. Mais lui
et moi connaissons la vérité. Les autres non. Cain peut-être.
Le calme revient
en moi, ce qui me permet de cacher mon appréhension, ma tension. Ma peur aussi
sans doute. Je souhaite rester digne fasse à Mystel.
- N’ajoutez pas un
mot. Vous ne savez pas de quoi vous parlez. En quoi cela peut-il vous
intéresser ? A supposer que vous dîtes vrai, ce qui est totalement
absurde.
- Ils veulent cette
rose. Ils l’auront et quand se sera fait ils l’utiliseront pour leur vengeance.
Et vous savez de quoi je parle...ou du moins en partie.
Son sourire est
sadique. Il prend un malin plaisir à jouer avec mes impression, mes souvenir.
Sans doute sait-il que j’avais décidé d’oublier pour ne poser aucun problème à
mon frère. Dès ma rencontre avec lui, j’avais ressentit un vague sentiment de
crainte. Son odeur ne m’était pas inconnu, imprégner de l’atmosphère d’un
endroit sans doute bien sombre et glauque. Et maintenant que je suis en face de
lui, des vues sanglantes entre en moi. L’horreur d’avoir perdu un être cher,
malgré le lien de servitude qui nous liait pénètre en moi et laisse derrière
lui des déserts sibériens. Tout s’en va. Tout explose. Je vois en moi la rage
et la violence refaire surface, sortir du brouillard. Des couleurs se mélange
en moi jusqu’à former de vagues tableaux abstraits. Ma bouche s’ouvre pour se
refermer. Mon calme est revenu. A moins que ce ne soit ce que l’on appelle le
calme avant la tempête.
- Vous les avez
déjà rencontré, reprit-il.
Mystel s’approche
mais ma voix l’arrête. Des larmes ou plutôt, deux larmes coulent le long de ma
joues gauche.
- Il est
mort ! Mort ! Ça ne sert à rien de le chercher, il n’existe plus. Il
a tenté de protéger Cain et il y a laissé sa vie.
Ma voix
s’étrangle sur les derniers mots. Mystel me prend par les épaules pour stopper
ou ralentir mes tremblements. Un rire s’élève alors. Un ricanement sarcastique.
- Il ne peut pas
mourir. Ils vous ont dupé. Vous n’êtes qu’une pauvre fille nourris d’illusions.
Je soupire pour
cacher ma colère, mon agacement
- Mystel, as-tu une
chose longue et tranchante ?
- Ce sabre.
- Passe-le moi.
Il me le tend. Ni
méfiant, ni craintif. Il n’a pas peur de ce que je pourrais faire avec et je
prends son manque de réaction comme une autorisation pour accomplir ma pensée.
L’arme n’est pas exceptionnel, mais bien aiguisé. Cela enlève mes derniers
scrupule à la tacher d’un sang impure.
- Ce furent tes
dernières paroles, celles qui signèrent ton arrêt de mort, pauvre humain,
serviteur d’autre humain. Amen !
Il n’a pas le
temps de riposter, la lame s’abat sur lui, arrachant un bras, puis s’enfonçant
dans jambe droite. La scène devient un ballet dans lequel dansent éclats de
lame et giclés de sang dans un tourbillon de couleurs impressionnant, le tout
dans une lumière irréelle. Pour finir, la tête roule à mes pieds. Je regarde le
corps s’affaisser et le sang couler à flot, encore et encore par les multiples
blessures que je lui ai infligées. Tout s’est passé très vite.
Je lâche l’arme
et commence à chanceler. Mystel me rattrape juste avant que je ne touche le
sol.
- Tu te sens
comment ?
Je souris
difficilement et m’accroche à lui, avec une force que je ne soupçonnais pas
moi-même.
- J’ai sommeil.
Tout s’efface
autour de moi. Les images, et puis les sons qui deviennent des grésillements de
radio. Et puis, je sombre. Je commence à rêver de cette fameuse tour et...il
revient me hanter.
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